Mis à jour le 12 octobre 2026

Compte rendu de marquage-piquetage : contenu, signatures et valeur

Avant d’ouvrir une tranchée à proximité de réseaux enterrés, la réglementation des DT et DICT impose de matérialiser au sol les ouvrages présents dans l’emprise des travaux, puis de consigner cette opération par écrit. Ce document, appelé CRMP ou PV de marquage, est la seule trace de ce qui a été tracé sur le terrain, par qui, et avec quelle classe de précision.

Ce guide s’adresse aux maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre et entreprises de BTP. Il détaille ce que le PV doit contenir, qui le signe, ce qu’il prouve en cas d’incident, et les erreurs qui lui retirent sa valeur. Pour la prestation elle-même (méthodes, code couleur, zones couvertes), voir notre page sur notre service de marquage-piquetage.

Ce que le PV doit refléter

L’article R.554-27 du code de l’environnement impose un marquage ou piquetage pour tout ouvrage souterrain situé dans l’emprise des travaux ou à moins de 2 mètres au-delà, dès lors qu’il risque d’être endommagé. Il concerne tous les réseaux enterrés : gaz, électricité, eau potable, assainissement, télécoms. L’opération sert à matérialiser au sol, pendant toute la durée des travaux, l’emplacement de chaque ouvrage, en tenant compte de son incertitude de localisation. Lorsque le nombre de réseaux ou leur proximité rend un tracé individuel illisible, la réglementation autorise à marquer la zone qui les regroupe.

Le PV doit donc permettre de vérifier trois choses : que toute l’emprise a été traitée, que chaque réseau signalé correspond à un tracé au sol visible sur le terrain, et que l’incertitude de position est connue de ceux qui vont creuser. Les plans reçus avec les récépissés restent des documents de bureau, parfois anciens ; le PV fait le lien entre ces documents et le chantier.

Qui intervient ?

Plusieurs acteurs se partagent les rôles :

  • le responsable de projet (maître d’ouvrage), qui procède ou fait procéder au marquage initial dès la phase de préparation ;
  • le prestataire ou le bureau d’études à qui il confie la prestation, avec un prix dédié au contrat ;
  • l’exécutant des travaux, qui reçoit le PV en phase travaux et entretient le tracé jusqu’à la fin du chantier ;
  • l’exploitant, qui réalise lui-même cette opération pour les canalisations de transport de gaz, lors d’une réunion sur site.

Marquage des réseaux ou piquetage d’implantation ?

Les deux termes sont souvent confondus. Le piquetage d’implantation, effectué par un géomètre, reporte au sol la position d’un ouvrage à construire : bâtiment, voirie, canalisation neuve. Le marquage des réseaux signale des ouvrages enterrés en service à éviter. Seul ce dernier relève de la réglementation des DT et DICT et doit faire l’objet d’un compte rendu.

Extrait d'un plan de marquage piquetage des réseaux enterrés détectés par LOCALITECH
Extrait d’un plan de marquage-piquetage après détection par LOCALITECH

Que doit contenir le PV de marquage-piquetage ?

Aucun formulaire Cerfa n’impose une mise en page. Le guide d’application de la réforme anti-endommagement précise en revanche l’objectif : donner à l’exécutant toutes les informations utiles pour travailler en sécurité, avec photos, croquis, plans et tableaux de caractéristiques.

Dans la pratique, un document exploitable regroupe les rubriques suivantes.

RubriqueCe qu’on y trouve
Identification du chantierAdresse, type de travaux, numéros de DT et de DICT, dates de réponse des exploitants
IntervenantsResponsable de projet, exécutant, prestataire, noms et fonctions des signataires
Date et conditionsJour de l’intervention, météo, présence d’eau, état de surface, zones inaccessibles
Réseaux présentsType de chaque réseau, exploitant, classe de précision, profondeur si elle est connue
MéthodeDocuments consultés, matériel utilisé, résultats des investigations complémentaires
Points singuliersCoudes, croisements, branchements, organes de coupure, ouvrages non retrouvés
Pièces jointesPhotos datées, croquis coté avec légende du code couleur, tableau des caractéristiques

D’où vient chaque position ?

Un bon PV indique, ouvrage par ouvrage, l’origine de la position tracée : plan de l’exploitant seul, détection de réseaux (électromagnétique ou géoradar), ou résultats d’investigations complémentaires avec fouille. Il précise aussi les techniques et les moyens employés, ainsi que la nature du sol, car le géoradar perd de la portée en sol argileux ou gorgé d’eau. Cette mention change la lecture du tracé : une conduite reprise d’un document ancien n’appelle pas la même prudence qu’une conduite détectée sur le terrain et rattachée à des coordonnées.

Photos, croquis et coordonnées

Les photos datées sont la partie la plus utile en cas de litige : elles montrent l’état du tracé au moment de sa remise. Un croquis coté, rattaché à des repères fixes, les complète, car la peinture finit toujours par s’effacer. Lorsque les réseaux ont fait l’objet d’un géoréférencement, le document peut fournir des coordonnées : le tracé se reconstitue alors même après un décapage.

Exemple de ligne de PV

À titre d’illustration, deux lignes du tableau des réseaux bien renseignées pourraient se lire ainsi : « Électricité BT, tracé rouge, classe A sur 18 m puis classe B sur 6 m sous la zone de stationnement, profondeur estimée 0,60 m, position issue de la détection électromagnétique, photo n° 4. » et « Eau potable, tracé bleu, position issue des seules données de l’exploitant, canalisation PVC non détectée. » Chaque élément répond à une question que se posera le conducteur d’engin.

Et si aucun réseau n’est détecté ?

L’absence de réseau se documente aussi. Le PV indique que l’emprise a été vérifiée, avec quels moyens lors de l’intervention, et qu’aucun des réseaux enterrés attendus n’y a été localisé. Cette mention protège le responsable de projet autant qu’un tracé, car elle prouve que la recherche a eu lieu.

Qui rédige et qui signe le document ?

Le PV est rédigé et signé par celui qui a réalisé le marquage, puis remis à l’exécutant des travaux sur site, à la fin de l’intervention et avant le début du terrassement. Le guide d’application de la réglementation prévoit qu’il soit cosigné par les parties en présence.

Le document porte au minimum :

  • la signature de celui qui a effectué le marquage, avec son nom et sa société ;
  • la signature de l’exécutant, qui atteste avoir pris connaissance du tracé et des réserves ;
  • la date de remise, qui fixe le point de départ de l’entretien du tracé.

Une signature sans visite commune affaiblit le document. La bonne pratique consiste à parcourir le terrain avec les techniciens avant de signer : l’exécutant et son conducteur de travaux voient les zones d’incertitude, posent leurs questions et peuvent demander un complément si un ouvrage attendu manque.

En cas de sous-traitance

Quand la prestation est confiée à un prestataire, celui-ci signe au titre de la réalisation, et le responsable de projet reste responsable de son existence. Le contrat doit préciser qui réalise l’intervention, qui entretient et qui reprend le tracé en cas d’effacement, et comment les équipes de l’exécutant sont informées.

Faut-il une formation pour rédiger le PV ?

Aucune signature n’est réservée à une profession, et aucune formation spécifique au PV n’est imposée. En pratique, le rédacteur doit maîtriser le matériel de détection, savoir lire un récépissé, repérer une incohérence entre les plans des réseaux et le terrain, et décrire précisément ce qu’il a observé. La formation AIPR, exigée pour les travaux à proximité des réseaux, en donne la base ; de nombreux marchés publics demandent du prestataire un niveau encadrant.

Géomètre LOCALITECH marque au sol un réseau télécom détecté par électromagnétisme
Géomètre réalisant le marquage d’un réseau télécom détecté par électromagnétisme

Valeur juridique et conservation sur le chantier

Le PV de marquage doit rester sur le chantier pendant toute la durée des travaux. En cas d’endommagement d’un réseau, c’est la première pièce demandée : il permet de vérifier si l’ouvrage était signalé, à quel endroit, et avec quelle précision. Un document précis et signé ramène la discussion aux faits ; un document vague ou absent la renvoie vers celui qui devait le produire.

L’absence de marquage expose aussi à une amende administrative pouvant atteindre 1 500 € (article R.554-35 du code de l’environnement), sans préjudice des conséquences civiles ou pénales d’un dommage.

Entretien du tracé

Pluie, eau de ruissellement, circulation et engins effacent la peinture au-dessus des réseaux. Les équipes de l’exécutant doivent maintenir un tracé lisible et précis ; à chaque reprise, l’exécutant ajoute de nouvelles photos datées au document initial. Un tracé refait sans trace écrite perd une partie de sa valeur de preuve.

Du terrain au PV : les étapes chez Localitech

Le PV de marquage reflète la qualité de l’intervention qui le précède. Chez Localitech, chaque prestation suit quatre étapes, menées par nos équipes de techniciens.

  1. Analyse des récépissés. Les plans joints aux réponses aux DT et DICT sont étudiés pour repérer les réseaux attendus, leur précision et les secteurs sensibles.
  2. Détection sur le terrain. Deux techniques se complètent : les réseaux sont localisés avec le matériel de détection électromagnétique, puis au géoradar pour les canalisations non conductrices. C’est le cœur de la détection de réseaux.
  3. Tracé au sol. Il s’agit de matérialiser chaque réseau selon le code couleur de la norme NF P 98-332, en tenant compte de son incertitude de position.
  4. Rédaction et remise du PV. Le document est complété sur place à la fin de l’intervention, relu avec l’exécutant, puis signé.

La date de l’intervention se cale sur le planning des travaux : assez tôt pour disposer du PV avant l’arrivée des engins et des équipes de terrassement, assez tard pour que le tracé ne s’efface pas avant le début des fouilles. Sur un chantier long, plusieurs passages peuvent être prévus dans la même prestation, un par phase.

Marquage au sol réglementaire
Marquage au sol d’un réseau détecté

Les erreurs qui affaiblissent un PV de marquage

Sur les chantiers à proximité de réseaux enterrés, les mêmes défauts reviennent souvent :

  • un tracé au sol sans classe de précision, qui laisse croire à une position exacte ;
  • aucune photo datée, ou des photos sans repère pour les situer ;
  • un réseau de la DICT absent du document, sans mention « non retrouvé » ;
  • une signature de l’exécutant obtenue sans visite du terrain ;
  • des reprises du tracé non documentées en cours de chantier ;
  • une emprise mal délimitée, sans la marge de 2 mètres autour de la zone de travaux.

Ces défauts tiennent rarement à la qualité du tracé lui-même : ils se corrigent au moment de l’intervention, bien plus facilement qu’après un incident.

Le PV et le rapport remis par Localitech

Basée à Houdan (78), Localitech intervient pour le marquage-piquetage dans les Yvelines, ainsi que dans toute l’Île-de-France. Nos équipes sont titulaires de l’AIPR et nos certifications couvrent la détection et le géoréférencement des réseaux enterrés.

Avec chaque intervention, nous remettons :

  • le PV signé sur site, avec les réserves et les ouvrages non retrouvés ;
  • les photos datées du tracé des réseaux ;
  • un rapport d’intervention qui détaille le matériel, les techniques employées et les zones non couvertes ;
  • un plan des réseaux détectés en DWG et en PDF, avec la classe de précision de chaque tronçon.

Le PV sert l’exécutant sur le chantier ; le rapport sert le maître d’ouvrage, le maître d’œuvre et le bureau d’études pour la phase suivante du projet. Pour un devis adapté à votre chantier, contactez-nous.

PV de marquage ou plan de récolement ?

Les deux documents se ressemblent mais n’ont pas le même objet. Le PV de marquage décrit des réseaux existants, avant les travaux, pour que le chantier les évite. Le plan de récolement décrit des réseaux neufs, après leur pose, pour que l’exploitant connaisse leur position exacte. Pour les méthodes de détection, lisez notre guide de la géodétection.

Questions fréquentes

Le compte rendu de marquage-piquetage est-il obligatoire ?

Oui, avant les travaux à proximité de réseaux enterrés. Le guide d’application de la réglementation anti-endommagement prévoit que le marquage fasse l’objet d’un document cosigné, présent sur le chantier pendant toute sa durée.

Qui signe le PV de marquage ?

Celui qui a réalisé la prestation le rédige et le signe, puis le remet à l’exécutant sur site. L’exécutant le cosigne pour attester qu’il a pris connaissance du tracé.

Existe-t-il un modèle officiel ?

Non, il n’existe pas de Cerfa dédié. Le contenu attendu est décrit dans le guide d’application de la réglementation ; chaque entreprise utilise ensuite sa propre trame, souvent sur tablette.

Que faire si le tracé s’efface pendant le chantier ?

L’exécutant le reprend à partir du PV et des plans, puis ajoute des photos datées du nouveau tracé. En cas de doute sur une localisation, ses équipes arrêtent le terrassement mécanique dans la zone et il prévient le responsable de projet.

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