En bref : l’usine de production d’eau potable de Louveciennes (Yvelines) prévoit d’installer des panneaux photovoltaïques au-dessus de ses deux grands bassins. Objectif double : faire de l’ombre à l’eau pour limiter son évaporation, et produire de l’électricité sur place. Pour étudier le projet puis implanter les panneaux, il fallait un plan précis des bassins, de leurs berges et de leur fond. Le centre des bassins n’étant pas accessible à pied, nous avons combiné une photogrammétrie par drone et une bathymétrie, pour livrer des orthophotos et un plan topographique complet.
Fiche technique du chantier
| Site | Usine de production d’eau potable de Louveciennes (78) |
| Date d’intervention | Mai 2026 |
| Projet du client | Panneaux photovoltaïques au-dessus de deux bassins d’eau, pour limiter l’évaporation et produire de l’énergie |
| Emprise | Deux bassins d’environ 200 mètres de côté, sur quelques mètres de profondeur |
| Prestations | Photogrammétrie par drone et bathymétrie, puis production du plan topographique à partir des deux relevés |
| Méthode | Points de calage au sol relevés au GNSS, vol photogrammétrique, sondage bathymétrique depuis une embarcation, puis dessin du plan topographique |
| Démarches | Enregistrement et déclaration du vol de drone auprès des autorités compétentes |
| Livrables | Orthophotos et plan topographique (berges, abords et fond des bassins) |
| Usage des livrables | Étude de conception du projet, puis implantation des panneaux |
L’objectif : faire de l’ombre à l’eau
Le site de Louveciennes produit l’eau potable d’une large partie de l’ouest parisien. L’eau y transite par deux bassins à ciel ouvert, côte à côte, qui forment ensemble près de huit hectares de surface d’eau.
Une telle surface exposée au soleil perd de l’eau par évaporation, surtout en été. D’où l’idée du projet : couvrir les bassins de panneaux photovoltaïques. Les panneaux font de l’ombre et réduisent l’évaporation, tout en produisant de l’électricité sur un terrain déjà occupé, sans consommer de surface supplémentaire.
Avant de dimensionner quoi que ce soit, le bureau d’études chargé du projet avait besoin d’un état des lieux exact : géométrie des bassins, altitudes des berges, profondeur et forme du fond.
La difficulté : un terrain qu’on ne peut pas parcourir
Un levé topographique classique se fait en marchant sur le terrain, point par point, avec un GNSS ou une station totale. Ici, c’est possible sur les digues qui entourent les bassins. Mais le cœur du sujet, c’est-à-dire la surface de l’eau et le fond, reste hors de portée à pied.
Nous avons donc séparé le problème en deux : ce qui se voit d’en haut, relevé par drone, et ce qui se trouve sous l’eau, relevé en bateau par bathymétrie. Sur la terre ferme, nous n’avons relevé au sol que quelques points de référence, qui servent à caler les deux jeux de données dans le même système de coordonnées.
Notre intervention, étape par étape
1. Préparation et déclaration du vol
Un vol de drone en Île-de-France ne s’improvise pas. Avant l’intervention, nous avons enregistré et déclaré le vol auprès des autorités compétentes, et calé le plan de vol avec l’exploitant du site, qui reste un site sensible en activité.
2. Mise en place des points d’appui
Avant le vol, nous avons disposé des points d’appui tout autour des bassins : des cibles au sol, bien visibles depuis le ciel. Chacune a été relevée à la canne GNSS, qui donne sa position exacte en coordonnées et en altitude.
Ces points font le lien entre les photos du drone et le terrain réel. Sans eux, le modèle serait juste en forme mais flottant dans l’espace. Avec eux, chaque point du plan est rattaché au système de coordonnées officiel, ce qui permettra plus tard d’implanter les panneaux au bon endroit.
3. Vol photogrammétrique et orthophotos
Le drone survole ensuite les bassins et les berges en suivant un plan de vol programmé, en lignes parallèles, et prend des photos qui se recouvrent largement. Au traitement, le logiciel assemble ces images et s’appuie sur les cibles visibles sur les photos pour caler le modèle sur leurs coordonnées relevées au GNSS.
On obtient une orthophoto : une image aérienne corrigée des déformations, sur laquelle on peut mesurer directement des distances et des surfaces.
Les orthophotos servent de fond de plan. Elles montrent les digues, les ouvrages techniques, les accès et tous les abords dont le projet devra tenir compte.

4. Bathymétrie des deux bassins
En parallèle, nous avons sondé le fond des deux bassins depuis une embarcation équipée d’un sondeur bathymétrique. Le sondeur envoie une onde acoustique vers le fond et mesure le temps qu’elle met à revenir, ce qui donne la profondeur. Associée à un positionnement GNSS, chaque mesure de profondeur devient un point en coordonnées.
Le bateau parcourt les bassins en passages réguliers pour couvrir toute la surface. Les bassins ne font que quelques mètres de profondeur, mais leur fond n’est pas plat : pentes, ouvrages, dépôts éventuels. La bathymétrie permet de le cartographier sans vider les bassins ni interrompre l’exploitation.

5. Dessin du plan topographique
Une fois tous les relevés faits, le plan topographique est dessiné au bureau. Nous l’avons dessiné à partir des deux relevés : la photogrammétrie donne les berges, les digues, les ouvrages et les abords, la bathymétrie donne le fond des bassins. Les deux jeux de données étant dans le même système de coordonnées, ils se superposent directement. Le résultat est un plan unique, du haut des digues jusqu’au fond de l’eau, livré avec les orthophotos.
À quoi servent ces plans pour le projet photovoltaïque
- Concevoir l’installation : la géométrie exacte des bassins et des digues fixe la surface réellement disponible pour les panneaux.
- Dimensionner les supports et les ancrages : la profondeur et la forme du fond comptent dès que des structures reposent dans l’eau ou y sont ancrées.
- Implanter les panneaux : le même plan, en coordonnées, sert ensuite de référence pour positionner les installations sur le terrain.
Un seul relevé sert donc deux fois : à l’étude, puis au chantier.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une bathymétrie ?
C’est la mesure de la profondeur d’une étendue d’eau, en de nombreux points, pour reconstituer le relief du fond. Sur un bassin, un étang ou un plan d’eau, elle permet de connaître la profondeur réelle, de calculer un volume ou de préparer des travaux sans vider l’ouvrage.
Pourquoi combiner drone et bathymétrie ?
Parce que chaque méthode voit une partie du terrain. Le drone relève tout ce qui est visible depuis le ciel, sur de grandes surfaces et en peu de temps. La bathymétrie relève ce qui se trouve sous l’eau. Une fois calées dans le même système de coordonnées, les deux donnent un plan complet.
À quoi servent les points d’appui en photogrammétrie ?
Ce sont des cibles posées au sol et relevées au GNSS avant le vol. Visibles sur les photos du drone, elles permettent de caler le modèle sur des coordonnées réelles et d’en contrôler la précision. C’est ce qui rend le plan exploitable pour implanter des ouvrages.
Que contient une orthophoto ?
Une orthophoto est une image aérienne redressée : chaque pixel est à sa vraie position, à l’échelle. On peut y mesurer des longueurs et des surfaces, et la superposer à un plan. C’est un fond de plan très utile pour les grands sites.
Faut-il une autorisation pour faire voler un drone sur un site comme celui-ci ?
Oui, le vol doit être enregistré et déclaré auprès des autorités compétentes, selon la zone survolée. Nous nous chargeons de ces démarches avant l’intervention.
Un plan d’eau ou un grand site à relever ?
Localitech réalise des relevés par photogrammétrie drone, des bathymétries et des levés topographiques dans toute l’Île-de-France, pour les collectivités, les exploitants, les bureaux d’études et les aménageurs.
Décrivez-nous votre projet via notre formulaire de contact ou appelez-nous au 01 86 90 98 10. Vous pouvez aussi consulter nos autres réalisations, comme notre détection de réseaux au siège de l’UIC à Paris ou notre auscultation de béton par radar à Versailles.

